On nous a toujours appris que pour se faire apprécier, pour être aimée ou pour nouer des liens solides, il fallait être exemplaire, toujours serviable, et multiplier les attentions. On nous répète que le don de soi est la seule monnaie d’échange pour obtenir la sympathie.
Et si la psychologie nous disait exactement l’inverse ? Montrer notre vulnérabilité et savoir demander peuvent parfois créer davantage de connexion que de chercher constamment à être parfait(e).
Je veux vous parler aujourd'hui d'un phénomène fascinant que j'utilise, parfois sans même m’en rendre compte : l’Effet Benjamin Franklin.
La petite histoire d’un coup de génie
Benjamin Franklin, l'un des pères fondateurs des États-Unis, était un homme brillant, mais il n'échappait pas aux rivalités. Il avait un adversaire politique qui ne pouvait tout simplement pas le supporter, affichant une froideur constante à son égard.
Plutôt que de tenter de l’amadouer avec des cadeaux superflus ou des compliments qui auraient sonné faux, Franklin a eu une idée audacieuse. Sachant que cet homme possédait un livre très rare dans sa bibliothèque, Franklin lui a envoyé une lettre courtoise pour lui demander s'il accepterait de lui prêter cet ouvrage.
L’homme, surpris mais flatté, a accepté. Quelques jours plus tard, Franklin lui rendait le livre, accompagné d’un mot de remerciement sincère et soulignant la qualité de l’ouvrage.
Résultat ? Lors de leur rencontre suivante, ce rival est venu lui parler, avec une courtoisie et une bienveillance qu'il ne lui avait jamais montrées auparavant. Leur relation devint ensuite beaucoup plus cordiale.
Pourquoi notre cerveau nous joue-t-il ce tour ?
C’est ce que les psychologues rapprochent du phénomène de dissonance cognitive. Notre cerveau cherche en permanence une certaine cohérence entre nos pensées, nos attitudes et nos comportements. Il peut être déstabilisant d’agir d’une manière qui ne correspond pas à l’image que nous avons d’une personne.
Voici, en simplifiant, ce qui peut se passer dans la tête de la personne à qui vous demandez un service :
L'action : Elle vous rend service.
L'analyse inconsciente : Son cerveau peut se dire : « Tiens, si je prends la peine d'aider cette personne, c'est peut-être que je l'apprécie davantage que je ne le pensais ? Sinon, pourquoi aurais-je fait cet effort ? »
La restructuration : Pour retrouver une certaine cohérence entre son comportement et sa perception, elle peut alors modifier positivement l’image qu’elle a de vous.
En résumé : dans certaines situations, le fait de faire quelque chose de positif pour quelqu’un peut contribuer à améliorer la manière dont nous le percevons. Et c’est là que l’effet Benjamin Franklin devient particulièrement intéressant.
Appliquer cet effet dans votre quotidien (et votre bien-être)
Oser demander de l’aide, c’est briser le mythe du « super-héros » ou de la « super-héroïne » qui doit tout porter seul(e).Voici trois pistes pour tester cet effet :
Osez solliciter un avis : La fierté nous pousse souvent à vouloir être autonomes sur tout. Pourtant, demander un conseil — une astuce cuisine, un avis sur un livre, une recommandation pour une pierre — permet à l’autre de se sentir valorisé. Vous lui offrez une place dans votre vie.
Brisez la glace en douceur : Si vous vous sentez intimidé(e) par quelqu’un, ne cherchez pas forcément à l’épater. Au contraire, demandez-lui un petit service symbolique. Cela peut être une manière simple de créer un premier échange et de réduire la distance.
Le pouvoir du partage : En acceptant d'aider, l'autre peut se sentir compétent et utile. Vous nourrissez son estime personnelle autant que votre relation.
L’énergie de l’échange et le flux de réception
En tant qu'énergéticienne, je vois le refus de demander de l'aide comme un blocage du flux de réception.
Beaucoup de personnes, ont appris qu'elles devaient être des piliers inébranlables. Mais si vous ne laissez jamais personne vous rendre service, vous empêchez, la circulation naturelle de ce que j'appelle l'énergie de l'échange.
Demander de l'aide, ce n'est pas montrer sa faiblesse, c'est aussi accepter de recevoir.
L'Effet Benjamin Franklin nous enseigne que laisser l'autre nous donner quelque chose peut, dans certaines situations, être une manière de créer du lien.
Et si, aujourd’hui, vous demandiez un tout petit service à quelqu’un que vous aimeriez connaître un peu mieux ?
Un simple « Peux-tu me conseiller un livre pour mes vacances ? » ou « Qu'est-ce que tu penses de ce bracelet, toi qui as du goût ? » peut être le début d'une belle histoire.
La magie, c'est aussi de laisser les autres entrer dans notre monde, de les laisser nous aider, et de voir, avec émerveillement, les liens se tisser tout naturellement.
Et vous, quelle a été la dernière fois où vous avez osé demander de l'aide ? Avez-vous remarqué comment cela a changé votre rapport à la personne en face ?
Racontez-moi cela en commentaire, c'est toujours un plaisir de lire vos expériences !

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