Vous parcourez les boutiques de bien-être ou les sites de lithothérapie, et là, c’est le coup de foudre : un magnifique collier en améthyste ou en bois de santal. Il est étiqueté "Mala de méditation".
Mais attention ! Si vous cherchez un simple accessoire de mode, tout va bien. En revanche, si vous souhaitez un véritable outil spirituel pour votre pratique de la méditation ou du Japa (répétition de mantras), vous pourriez être déçu. Le marché est inondé de colliers qui ressemblent à des malas, mais qui n’en sont pas.
Voici comment démasquer les imposteurs et choisir un compagnon de pratique authentique.
1. Le chiffre sacré : La règle des 108
C’est le critère numéro un. Un véritable mala bouddhiste ou hindouiste est composé de 108 perles. Ni plus, ni moins.
Pourquoi 108 ? Ce nombre est sacré dans de nombreuses traditions. Il représente l'unité de l'existence, les 108 épreuves de Bouddha, ou encore la distance entre la Terre et le Soleil.
Le piège : On trouve souvent des colliers de 90, 100 ou 115 perles "pour faire joli". Si le compte n'est pas bon, votre cycle de mantras sera faussé.
Note : Il existe des malas de poignet (bracelets) qui comptent généralement 27 ou 54 perles (des diviseurs de 108). C'est tout à fait acceptable !
2. Les nœuds de sécurité (et de conscience)
Regardez de près entre chaque perle. Voyez-vous un petit nœud fait à la main ?
Sur un vrai mala, chaque perle est séparée par un nœud.
L'utilité pratique : Si le fil casse, vous ne perdez pas toutes vos pierres. De plus, cela facilite le glissement des doigts d'une perle à l'autre pendant la méditation sans que les pierres ne s'entrechoquent.
L'utilité symbolique : Les nœuds représentent le lien indéfectible entre les êtres et l'univers.
Le piège : Les malas industriels enfilent les perles "à la queue leu leu" sur un fil élastique ou un simple fil de nylon sans aucun espace. C'est le signe d'une fabrication de masse sans intention spirituelle.
3. La perle "Guru" : Le point de repère
Un mala authentique possède toujours une perle terminale un peu plus grosse, souvent ornée d'un pompon (le tassel). C'est la perle Guru (ou Meru).
Elle marque le début et la fin de votre méditation. La règle d'or ? On ne franchit jamais la perle Guru. Arrivé au bout des 108 perles, on fait demi-tour si l'on souhaite continuer. Les faux malas ignorent souvent cette structure et se ferment comme de simples colliers circulaires.
4. Des matériaux qui ont une âme
Un vrai mala est fait de matières naturelles :
Graines : Rudraksha (les "larmes de Shiva"), graines de lotus ou de bodhi.
Bois : Santal, bois de rose, ébène.
Pierres : Quartz, jade, obsidienne, etc.
Le carton rouge : Les perles en plastique teinté ou en verre de synthèse. Non seulement elles n'ont aucune vibration énergétique, mais elles s'écaillent avec le temps.
Pourquoi est-ce important ?
On pourrait se dire : "Ce n'est qu'un objet, c'est l'intention qui compte". C'est vrai. Mais méditer avec un outil mal conçu, c'est comme essayer de faire de la haute randonnée avec des tongs : c'est possible, mais c'est franchement moins efficace.
Un mala noué à la main, respectant la tradition, devient une extension de votre énergie. Il "apprend" vos mantras.
En résumé, avant d'acheter, vérifiez :
Comptez les perles : Est-on bien sur 108 (ou un diviseur direct) ?
Vérifiez les nœuds : Y a-t-il un nœud entre chaque pierre ?
Cherchez le Guru : Y a-t-il une perle de tête distincte ?
Touchez la matière : Est-ce naturel ou synthétique ?
Et vous, votre mala, c'est un vrai compagnon de route ou un simple bijou de passage ?

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